Ile de la Réunion : Conflit de voisinage à Sainte-Marie

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Un habitant privé d'accès à son domicile

A Sainte-Marie, un conflit foncier oppose Méryl Ramassamy à sa voisine. Objet du litige : un mur obstruant le chemin qui lui permettait de rejoindre la rue de la Montée-des-Veuves. L'histoire se complique avec un troisième voisin qui, à son tour, veut lui interdire le passage sur son terrain. Tout le monde crie au complot et Méryl Ramassamy est privé d'accès à son domicile par une décision de justice.

Méryl Ramassamy n'a rien du mauvais bougre et encore moins du procédurier : 50 ans, allocataire au RMI, il ne cache pas qu'il est analphabète. Le terrain qu'il a repris après le décès de ses parents est délimité par deux propriétés privées et une ravine le long de laquelle la commune a érigé un mur d'endiguement. Il y occupe une masure misérable dont les murs et le toit s'effritent par endroit. Dans une dépendance voisine, il élève quelques poules faméliques. Depuis plus de cinquante ans, le terrain est relié à la rue de la Montée-des-Veuves par un sentier cheminant sur une vingtaine de mètres. En 1994, « pour être bien avec mes voisins », dit-il aujourd'hui, il autorise Agnès Rasda à construire un mur le long de sa propriété. Une décision officialisée devant le conciliateur de la Maison de droit de Sainte-Marie. L'ennui est que ce mur ferme le passage vers la rue de la Montée-des-Veuves, l'obligeant à un détour de quelques centaines de mètres pour rejoindre la grande artère par le chemin de la Gare. Ne l'entendant pas de cette oreille, Méryl Ramassamy est bien déterminé à retrouver l'usage de l'ancien chemin.

UN COMPLOT ?

Associé à ses frères et soeurs, il fait procéder à des constats d'huissier et d'expertise et se lance dans une longue suite de procédures judiciaires... qui viennent à bout de ses maigres économies. Tout en reconnaissant l'imprécision des divers titres de propriétés, le tribunal d'instance de Saint-Denis a débouté en 1998 Méryl Ramassamy de sa demande, au motif qu'il avait accepté la construction du mur devant le conciliateur de justice. Mais pour Méryl Ramassamy, il s'agit d'un abus de confiance, « car je pensais que ce mur ne me priverait pas du passage ». Quoi qu'il en soit, le premier jugement a été confirmé le 1er décembre 2000 par la cour d'appel de Saint-Denis. Cette décision met un terme à la discussion, plaide Agnès Rasda, jointe hier par téléphone : « Il n'a pas de travail, donc il passe son temps à nous embêter et à raconter n'importe quoi. De toute façon, il peut passer par le sentier qui va sur le chemin de la Gare. » Et si ce sentier passe par une autre propriété privée, cela n'est pas son affaire, d'autant qu'Agnès Rasda semble aussi en vouloir à cet autre voisin : « Je suis sûre que dans cette histoire, il est complice avec Méryl Ramassamy. » Un complot ? C'est aussi ce que pense Méryl Ramassamy qui croit, sans en connaître la raison, qu'Agnès Rasda s'est liguée avec ce même voisin : « Il me menace quand je passe sur le chemin derrière sa maison, il veut m'interdire le passage. » Si, dans cette affaire, les relations de bon voisinage et la convivialité semblent définitivement tombées aux oubliettes, on peut aussi s'interroger sur le bon sens d'une décision de justice qui prive Méryl Ramassamy d'accès à son terrain.


Texte trouvé à: http://www.jir.fr/faitsdivers/012001voisin.htm