Un homme de Païta battu à mort à Nouméa (Nouvelle Calédonie)

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Henri Fauvalé, 27 ans, domicilié à Païta, a été tué à coups de poings et de pieds à quelques mètres d'une discothèque de la place des Cocotiers. Alcool aidant, la bagarre a tourné à la furie meurtrière.

Samedi, 3 heures du matin, place des Cocotiers. Lorsque le médecin du Samu s'est penché sur le corps de Claude Fauvale, dit Henri, 27 ans, il n'y avait plus rien à faire. Le jeune homme de Païta venait de succomber à une de ces bagarres imbéciles qui émaillent chaque week-end les nuits alcoolisées dans le centre de Nouméa. Quelques coups de poings assénés avec une force herculéenne, quelques coups de pieds « shootés » avec de lourdes rangers en plein visage une fois l'adversaire à terre, ont suffi à faire passer le jeune homme de vie à trépas. Les deux auteurs principaux, un colosse de 19 ans, un autre de 24 ans, ainsi que deux autres personnes, tous d'origine wallisienne, ont été aussitôt interpellées par la police nationale. Les faits ont été reconnus sans difficulté. Deux d'entre-eux, spectateurs passifs et impuissants de la scène, ont été remis en liberté dimanche. Les deux autres ont été mis en examen pour meurtre par le juge Durand, et envoyés au Camp-Est.

Le drame s'est joué à quelques mètres de la discothèque Le Tunnel, qui jouxte le grand bar du Saint-Hubert. Ce soir-là, plusieurs bagarres ont assombri la nuit. La dernière a tourné au drame. Henri Fauvale avait passé une bonne partie de la soirée dans la discothèque. Peu avant trois heures, il est sorti prendre l'air et a discuté un moment avec le videur. De leur côté, quatre très jeunes gens de Koutio, d'origine wallisienne, ont passé la soirée dans différents bars de la ville, dont le Capitole. Pour arroser leur premier salaire, dit-on. Peu avant trois heures du matin, ils déambulent du côté de la place des Cocotiers lorsqu'ils aperçoivent Henri Fauvale.

Entre eux, il y a un contentieux. Une première bagarre qui a eu lieu le 1er janvier dernier, à Koutio. L'un des quatre vient provoquer sa future victime : « Viens te battre si t'es un homme ». Henri Fauvale n'hésite pas une seconde. Bien que seul, il répond sans hésiter « d'accord ». Son principal adversaire a 19 ans, c'est un colosse de 1,90 m pesant 95 kilos de muscles. Tout le monde a beaucoup bu, ce qui n'arrange rien. Le combat, trop inégal, tourne court. Henri Fauvale s'effondre vite sous les coups des deux cogneurs. Mais au lieu de se contenter de cette victoire, son principal adversaire s'acharne. Lui, et peut-être son ami, portent au visage de la victime plusieurs coups de pieds chaussés de lourds rangers. La tête du malheureux Henri explose littéralement. Frénésie meurtrière ? Les camarades de l'homme aux rangers s'en saisissent, l'éloignent du corps inanimé. Ils le font monter en voiture et l'emmènent faire un tour, pour le calmer. Puis ils reviennent sur les lieux du drame où la police les arrête. Hier, les deux auteurs présumés du meurtre ont été incarcérés. Leurs deux amis ont été remis en liberté. Il importe de répéter que les deux personnes relâchées ne sont pour rien dans ce drame qui s'est déroulé trop vite pour qu'elles interviennent. Il importe notamment de le préciser à la famille d'Henri Fauvale, qui semblait ce week-end partagée entre la douleur et le désir de vengeance.