EXPLOSANTE-FIXE

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Partition intermédiaire, partition à faire proliférer, partition inachevée. « ...Explosante—Fixe... », un morceau de musique du compositeur français Pierre Boulez, était commandé pour l'anniversaire de la mort du compositeur Igor Stravinski. La commande précisait que l'œuvre doit être en forme de canon, avec une instrumentation basée sur deux œuvres écrites par Stravinski lui-même. Le titre est né d'une phrase, à moitié oubliée, du roman Nadja d'André Breton.

La pièce prend son origine dans une seule note: un MI bémol, ou « Es » en allemand, qui se prononce « S » comme la première lettre du nom de Stravinski. Rapport oblique, qui, affirme Boulez, n'a qu'une signification personnelle et restera imperceptible pour l'auditeur. Jusqu'à maintenant, l'œuvre a vu le jour sous cinq formes différentes: la version originale, écrite pour un ensemble variable et publiée dans une revue de musique. Une réalisation de cette partition par Boulez lui-même, pour huit instruments et dispositif électro-acoustique, créée à New York — mais cette version était révisée, même entre les représentations publiques qui ont suivi la création; une version pour flûte seule; une courte partition appelée Mémoriale; puis la version commencée à la fin des années quatre-vingt, version pour flûte solo, deux flûtes subalternes et ensemble instrumental, le tout étant modifié et transformé par le 4X, l'ordinateur qui avait été développé à l'institut que dirige Boulez à Paris, l'Institut de Recherche et Coordination Acoustique-Musique, ou IRCAM.

Boulez avait tenté une expérience de musique mixte dans les années cinquante, mais il la considère comme un échec: « Ce qui m'avait toujours frappé, quand on avait essayé de mêler les instruments et des musiques faites sur bande, c'est vraiment l'hétérogénéité et la coupure complète entre les deux milieux. » Durant les années soixante, Boulez a évité toute utilisation de moyens électroniques. Il s'était même déclaré contre l'intervention électro-acoustique dans un article virulent, condamnant le « marché aux puces des sons ou le bric-à-brac, qui hélas ! ne recèle aucun trésor caché. »