UNE QUESTION D'ATTITUDE

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Qui, au juste, est perçu comme « étranger » ? Comment peut-on le définir ? S'agit-il d'une question de nationalité ? De pays de résidence ? Y aurait-il des conditions discriminatoires que nous appliquons, même inconsciemment, réglant ceux qui ne sont pas considérés comme des nationaux ? Les réponses en sont difficiles puisque s'y mêlent des éléments passionnels brouillant les barrières entre les opinions préconçues, les préjugés et les faits. Balayer les uns pour exposer les autres ne s'avéra pas chose facile. Regardons de plus près d'éventuelles réponses à ces questions.

S'il est question de nationalité en ce qui concerne l'« étrangeté », alors nous devons considérer celui qui détient un passeport d'un pays quelconque comme citoyen de ce pays-là. Bien que cette définition puisse satisfaire des conditions légales de nationalité il en est tout autrement au niveau de notre perception quotidienne. Ce document officiel, nous n'en avons pas accès pour y jeter un coup d'œil! La connaissance du pays de résidence n'est pas non plus d'une grande utilité. Là du moins les mœurs de la plupart des cultures nous permettent de poser la question franchement: « Le Canada, est-il votre pays natal ? ». Question néanmoins inutile de nos jours, toutefois si l'intention est de mettre à jour notre attitude vis-à-vis la condition d'étrangeté de la personne en face de nous.

Depuis longtemps les relations internationales ainsi que les transports intercontinentaux permettent et même encouragent un mélange ethnique qui lime les obstacles de frontière ou de distance. Ceci est sans doute vrai ici au Canada; cependant, dans certains pays lourds d'un passé où l'intolérance raciale a pris les traits d'une caractéristique culturelle, cela pourrait sembler n'être qu'un rêve, quelque chose d'inaccessible, en tout cas dans un avenir proche.

Cette intolérance, nous pouvons nous en apercevoir tous les jours dans les petites conversations d'aucuns entendues dans un bus ou dans un supermarché, comme dans les grands discours diffusés à la télévision ou rédigés dans les journaux. Ainsi un homme politique a déclaré officiellement il y a quelques années que l'Holocauste n'était qu'un « détail de l'histoire ». Ce n'est qu'une question d'attitude. . .